The Hound of the Baskervilles

6.La Légende Du Chien Des Baskerville

Le docteur James Mortimer rend visite à Sherlock Holmes et au docteur Watson dans leur cabinet pour leur présenter un vieux manuscrit familial datant de dix-sept cent quarante-deux. Ce document historique relate l'origine de la terrible légende qui pèse sur la famille Baskerville depuis l'époque de la Grande Rébellion. Un ancêtre nommé Hugo Baskerville, homme particulièrement impie et cruel, avait enlevé la fille d'un fermier de la région qui s'était enfuie par le mur recouvert de lierre. Furieux de découvrir l'absence de sa captive, Hugo avait lancé ses compagnons et une meute de chiens à ses trousses tout en promettant son âme aux forces du mal. Les poursuivants avaient fini par retrouver la jeune femme morte de peur, ainsi que le corps d'Hugo, horriblement mutilé par une bête gigantesque semblable à un chien monstrueux. Le docteur Mortimer présente ensuite un article de journal récent paru dans la presse locale relatant la mort soudaine de sir Charles Baskerville survenue quelques mois plus tôt. Sir Charles avait fait fortune en Afrique du Sud avant de revenir s'installer au manoir pour restaurer le domaine et aider l'ensemble de la région. Malgré sa grande générosité et ses nombreux projets humanitaires, il vivait dans la crainte constante d'un destin tragique lié à sa famille. Le soir du quatre mai, il n'était pas rentré de sa promenade nocturne habituelle le long de l'allée des ifs. Son corps avait été découvert sans aucune trace de violence physique apparente, et l'enquête officielle avait conclu à une crise cardiaque naturelle provoquée par une affection organique de longue date. Cependant, le docteur Mortimer confie en toute franchise à Sherlock Holmes des détails cruciaux qu'il avait délibérément cachés lors de l'enquête officielle par crainte d'amplifier la superstition populaire et de nuire à la réputation du domaine. Il explique que la santé nerveuse de sir Charles s'était considérablement détériorée en raison de sa peur obsessionnelle de la malédiction familiale et de sa terreur de la lande la nuit. Peu de temps avant le drame, sir Charles avait même aperçu une étrange créature rôdant près du manoir. Surtout, en examinant attentivement la scène de mort, le docteur Mortimer avait découvert des empreintes fraîches et nettes d'un chien gigantesque gravées dans le sol à proximité du corps.

8.Avertissement mystérieux et filature dans Londres

Dr Mortimer Une lettre anonyme et une filature londonienne Le docteur Mortimer se presente a dix heures chez Sherlock Holmes, accompagne du jeune sir Henry Baskerville. Ce dernier, un homme d'environ trente ans a la constitution robuste et au regard determine, explique qu'il avait lui-meme l'intention de consulter le detective a propos d'une enigme survenue le matin meme. Des son arrivee a son hotel, le Northumberland Hotel, il a en effet recu une lettre singuliere dont l'enveloppe portait une adresse inscrite en caracteres grossiers avec le cachet de Charing Cross de la veille. A l'interieur se trouve une simple phrase recommandant a son destinataire de s'eloigner de la lande s'il tient a sa vie ou a sa raison. Les mots ont ete decoupis dans un journal et colles sur la feuille, a l'exception du terme designant la lande qui a ete trace a l'encre. Face a ce mystere, Holmes deduit avec vivacite que l'expediteur a utilise l'editorial sur le libre-echange paru dans l'edition de la veille du Times. Le detective fait remarquer a Watson et aux deux visiteurs la typographie propre a cette publication prestigieuse, soulignant que les decoupes ont ete faites avec des ciseaux a ongles courts et de la gomme. Il en tire la conclusion que l'auteur est un individu cultive cherchant a masquer son ecriture ordinaire pour tromper son monde, et que la plume defaillante ainsi que l'encre usee suggerent une redaction precipitee dans un etablissement hotelier des environs de Charing Cross. Interroge sur d'autres anomalies survenues depuis son debarquement a Londres, sir Henry mentionne la disparition d'une de ses bottes marron neuves, achetee la veille dans le Strand et laissee devant sa porte pour cirage. Bien que le docteur Mortimer considere cet incident comme une simple etourderie, Holmes note ce detail curieux sans pouvoir encore en mesurer toute la portee. A la demande formelle du baronnet, qui souhaite enfin comprendre les dangers reels planant sur son heritage, Mortimer fait la lecture complete des documents relatifs a la mort tragique de sir Charles et a la sinistre legende du chien. Sir Henry admet avoir toujours entendu parler de ce recit familial sans jamais y preter une attention particuliere, mais la perte brutale de son oncle combinee a la menace du mot anonyme lui donne a reflechir. Malgre la mise en garde de Holmes sur l'existence manifeste d'un peril, le jeune heritier affirme avec passion que rien ne l'empechera de prendre possession du domaine de ses ancetres. Il demande neanmoins un moment de reflexion et donne rendez-vous aux deux enqueteurs a quatorze heures au Northumberland Hotel pour dejeuner ensemble. Des le depart de leurs hotes, Holmes abandonne son indolence, passe promptement une redingote et entraine Watson dans les rues londoniennes afin de filer discretement les deux hommes jusqu'a Oxford Street puis Regent Street. Le detective soupconne en effet que Baskerville fait l'objet d'une surveillance continue depuis son arrivee, ce qui expliquerait la vitesse a laquelle son adresse a ete decouverte par le correspondant mysterieux. Tandis que sir Henry et Mortimer s'attardent devant une vitrine, Holmes repere un fiacre suspect qui avance lentement de l'autre cote de la chaussee. A travers la vitre du vehicule, les deux amis apercoivent les yeux percants et la barbe noire fournie d'un homme qui, realisant qu'il est demasque, ordonne a toute allure a son cocher de fuir en direction de Regent Street. Holmes se lance brievement a sa poursuite dans la foule et la circulation avant de devoir renoncer avec un vif sentiment de depit face a l'adresse de son adversaire. Reconnaissant que sa precipitation a trahi leur presence, Holmes prend toutefois soin de noter le numero d'immatriculation du vehicule, le numero 2704, et soupconne deja que la barbe noire apercue etait un postiche destine a cacher les traits du fuyard. Il decide sans attendre de mener deux actions d'envergure pour tenter d'identifier cet inconnu. Accompagne de Watson, il penetre dans un bureau local de commissionnaires et sollicite l'aide de Wilson, un employe qu'il a jadis secouru au cours d'une affaire anterieure. Ce dernier met a sa disposition Cartwright, un garcon debrouillard age de quatorze ans en qui le detective a toute confiance. Holmes remet a l'adolescent une liste de vingt-trois hotels situes aux alentours de Charing Cross ainsi que de l'argent pour payer les portiers de chaque etablissement. La mission du jeune homme consiste a fouiller les corbeilles de vieux papiers de la veille afin d'y retrouver les restes de la page centrale decoupee du Times, preuve directe du passage de l'expediteur de la lettre anonyme. Apres avoir confie a Cartwright la charge d'envoyer un telegramme a Baker Street des l'achevement de ses recherches, Holmes annonce a Watson qu'il va expedier un message telegraphique pour connaitre le nom du cocher du fiacre numero 2704, avant d'aller occuper les heures precedant leur dejeuner en visitant une galerie de peinture sur Bond Street.

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