Ivan Sévérianitch raconte comment le prince, son maître, a acheté Grouchka à grand prix auprès de son père et des Tsiganes, dépensant toute sa fortune avant de se lasser rapidement d’elle. Incapable de rester en place, le prince s'est lancé successivement dans diverses entreprises ruineuses, telles qu'un commerce de chevaux, un moulin et une fabrique de harnais, qui ont toutes échoué et assombri son humeur. Malgré sa générosité et ses efforts constants pour le retenir, Grouchka souffrait cruellement de la solitude et d'une jalousie maladive, craignant sans cesse qu'il ne l'abandonne pour une autre femme.
Torturée par le soupçon et les larmes, la jeune femme a supplié Ivan Sévérianitch de se rendre en ville afin de découvrir si le prince fréquentait une ancienne maîtresse ou s'apprêtait à se marier. Par pitié, Ivan a fini par céder et s'est mis en route sous un prétexte fallacieux. Une fois sur place, il s'est rendu directement chez Eugénie Séménovna, l'ancienne compagne du prince et mère de sa fille, une femme instruite et élégante dont la rivalité rendait les craintes de Grouchka parfaitement fondées.
Pendant sa visite, le prince est inopinément arrivé pour rendre visite à l'enfant. Pour ne pas être vu, Ivan s'est caché dans une étroite pièce attenante en compagnie de la vieille bonne Tatiana Iakovlevna, qu'il a habilement incitée à bavarder en lui versant du rhum dans son thé. Après que le prince a insisté pour envoyer la petite fille faire une promenade en voiture avec sa nourrice, il s'est retrouvé seul en tête-à-tête avec Eugénie Séménovna, laissant Ivan aux aguets derrière une porte close pour percer enfin leurs intentions secrètes.