
1.Un voyage vers Valaam et ses récits
Au cours d une excursion en bateau sur le lac Ladoga entre l ile de Konevetz et celle de Valaam les passagers font escale au port de Korela et critiquent la tristesse de cette localite. Un voyageur emet l hypothese que cet endroit morne conviendrait parfaitement pour mater les esprits rebelles tandis qu un autre raconte l histoire tragique d un ancien seminariste exile qui a fini par se pendre de desespoir. Alors qu un marchand affirme que les suicidés sont condamnés pour l eternite et ne peuvent recevoir aucune priere un homme mysterieux intervient soudainement dans la conversation pour contredire cette affirmation. Ce nouveau compagnon de voyage est un personnage a la stature colossale portant l habit des novices de monastere et rappelant les anciens heros des legendes russes par son allure robuste et sa bonhomie.
Cet hercule en soutane affirme avec assurance qu un pretre de campagne moscovite parvient facilement a ameliorer le sort des personnes ayant mis fin a leurs jours grace a ses prieres incessantes et a l appui divin qu il obtient malgre ses propres faiblesses.
Le moine raconte ensuite l histoire de ce prêtre ivrogne qui envisageait lui aussi de commettre l irreparable mais qui priait chaque jour pour les âmes des suicidés. Le metropolite Philarete l ayant interdit de ministere recoit en songe la visite du saint pere Serge puis assiste a une vision terrifiante d ombres lamentables implorant sa clemence en faveur de ce pretre intercesseur. Realisant l importance de cette mission spirituelle le prelat pardonne au clerge et l autorise a poursuivre ses prières salvatrices pour les desesperes. Apres ce récit le marchand engage la conversation sur le passe militaire du moine qui se revele avoir ete un expert en chevaux et non un simple soldat. L homme raconte comment il possedait un don exceptionnel pour dompter les bêtes les plus feroces et redoutables en utilisant des methodes peu conventionnelles mais d une redoutable efficacite.
Il evoque notamment sa confrontation celebre avec un cheval anthropophage qu aucun dresseur renomme n avait reussi a maitriser et qu il finit par soumettre completement apres une lutte epuisante.
Malgre ses succes eclatants et les propositions de collaboration qui lui furent adressees le narrateur n entra finalement pas au service du celebre dresseur etranger evitant ainsi une rivalite marquee par la peur et l incomprehension mutuelle. Il resume sa vie passee comme une succession d epreuves variees incluant la captivite la guerre et de multiples peripeties vecues sans que cela releve toujours de sa propre volonte. Interroge sur son entree au monastere il explique qu il y a ete conduit par une promesse faite par sa mere et par une destinee mysterieuse qu il ne parvient pas totalement a s expliquer. L homme propose alors de raconter l ensemble de son existence depuis le tout debut pour satisfaire la curieuse assemblee de passagers qui l ecoutent attentivement.
3.Le voyageur magnifique du lac Ladoga
Au cours d'une navigation sur le lac Ladoga vers l'île de Valaam, un groupe de passagers engagés dans une conversation sur la triste ville de Koréla en vient à débattre du sort des personnes exilées ou suicidées. Un passager philosophe soutient que le suicide offre une délivrance définitive, tandis qu'un marchand convaincu affirme que les suicidés sont condamnés éternellement et ne peuvent recevoir aucune prière.
Un nouvel interlocuteur intervient alors pour contredire le marchand. Il s'agit d'un homme imposant aux cheveux gris, vêtu d'une soutane de novice et ressemblant aux héros des légendes russes. Il raconte l'histoire d'un prêtre de campagne ivrogne sur le point de se suicider, qui intercédait secrètement dans ses prières pour tous les suicidés. Après qu'une vision menaçante ait averti le métropolite Philarète des tourments réservés à ces âmes abandonnées, le prélat pardonna au prêtre et l'autorisa à poursuivre ses prières salvatrices.
Interrogé sur son propre passé par les passagers intrigués, le mystérieux moine révèle qu'il se nomme Ivan Sévérianitch Flaguine et qu'il a exercé autrefois les fonctions d'expert en chevaux. Il relate avec force détails comment il parvint autrefois à dompter un étalon particulièrement vicieux et indomptable qui avait résisté aux méthodes du célèbre dresseur anglais Rarey. Grâce à une méthode brusque et à une assurance naturelle, il réussit à soumettre la bête avant qu'elle ne finisse par périr.
À la fin de son récit, Ivan Sévérianitch explique qu'il n'a jamais pu s'engager au service du dresseur anglais par suite d'une altercation comique et de son destin singulier. Interrogé sur son entrée tardive dans les ordres monastiques, il confie que sa vie a été profondément bouleversée par une promesse faite par sa mère autrefois. Il propose alors à ses auditeurs captivés de leur conter toute l'histoire de son existence mouvementée depuis son commencement.
4.Le récit d'Ivan Sévérianitch Flaguine
L'ancien connaisseur en chevaux Ivan Sévérianitch Flaguine, surnommé Golovan en raison de sa grosse tête à sa naissance, raconte sa jeunesse de serf dans le vaste domaine du comte K... au gouvernement d'Orel. Élevé au milieu des écuries où son père était cocher, il apprend très tôt à connaître et à aimer les animaux, en particulier les indomptables chevaux kirghistes achetés par le comte dans les steppes. Devenu postillon dès l'âge de onze ans malgré sa jeunesse, il doit parfois être attaché à sa selle pour résister à la fatigue de ces voyages éreintants.
Au cours d'un déplacement menant à l'ermitage de P..., son équipage s'en prend à un vieux moine endormi sur un chariot, qui chute mortellement sous les roues à cause d'un coup de fouet vigoureux asséné par le jeune garçon. Cette même nuit, le moine décédé apparaît en songe à Ivan pour lui reprocher d'être mort sans confession, mais lui transmet aussi un avertissement prophétique de la part de sa mère défunte : né à la suite de prières ardentes, Ivan a été promis à Dieu et connaîtra plusieurs proches de la mort avant de devoir finalement entrer dans un monastère.
Quelque temps plus tard, lors d'un voyage vers Voronèje destiné à soigner la fille infirme du comte, un nouvel accident survient dans une descente abrupte où les chevaux s'emballent et où le père d'Ivan est éjecté. Voyant le péril, le jeune garçon saute sur le timon et réussit à stopper l'équipage avant de basculer lui-même dans le vide, réchappant miraculeusement de la chute grâce à un amas d'argile. Reconnaissant pour la vie sauve des siens, le comte lui propose de lui accorder n'importe quel souhait, mais Ivan réclame sottement un accordéon au lieu de demander la liberté ou son entrée au monastère.
Cet accordéon lui est rapidement volé et, manquant ainsi à sa vocation spirituelle, Ivan s'enfonce dans une suite de malheurs et d'adversités conformément aux prédictions successives du moine visionnaire. Il continue pourtant de traverser les épreuves sans jamais totalement périr, en attendant l'accomplissement ultime de sa destinée promise.
5.Le drame des pigeons et de la chatte
De retour à la maison après un voyage, un jeune garçon assiste avec enchantement à l'arrivée de pigeons huppés qui s'installent dans l'écurie et donnent rapidement naissance à plusieurs portées de pigeonneaux. Sa curiosité le pousse à examiner de trop près un oiselet qu'il blesse involontairement à mort, provoquant la colère du père et l'intervention d'une chatte blanche qui finit par dévorer les petits un à un. Décidé à venger ses oiseaux, il tend un piège à la chatte, la capture, la roue de coups de fouet et lui tranche la queue avant de l'exposer publiquement pour semer la terreur.
Le lendemain, la femme de chambre de la comtesse découvre la mutilation de sa chatte favorite et vient faire un scandale au jeune garçon, qui refuse de céder et la frappe vigoureusement avec un balai lorsqu'elle le gifle. Traîné devant l'intendant allemand pour répondre de son acte, il est condamné à un terrible châtiment corporel puis exilé au jardin anglais pour y casser des cailloux à genoux toute la journée. Humilié par cette tâche exténuante et par les moqueries incessantes des domestiques, il sombre dans le désespoir et prend la décision radicale de mettre fin à ses jours.
Muni d'une corde, il se rend dans un petit bois de trembles à la tombée de la nuit, prie et passe le nœud coulant autour de son cou avant de se laisser pendre à une branche. Sa tentative est cependant interrompue à la dernière seconde par un tsigane armé d'un couteau qui le détache et se moque de lui. Ne voyant aucune issue acceptable à son existence misérable et refusant de retourner casser des cailloux, le garçon accepte finalement la proposition du romantique brigand et consent à rejoindre sa bande de voleurs.
6.La fuite vers Nikolaïeff
Ivan s'enfuit avec le tsigane après avoir volé les chevaux du barine. Ils vendent les bêtes près de Koratcheff et le tsigane ne donne qu'un rouble à Ivan. Après une dispute, ils se séparent. Ivan se rend chez l'assesseur pour se dénoncer, mais son secrétaire le persuade de troquer ses objets de valeur contre un faux passeport. Ivan se rend ensuite à Nikolaïeff pour chercher du travail.
Un barine colossal l'engage immédiatement comme nourrice pour sa petite fille, car sa femme s'est enfuie avec un officier. Ivan accepte pour échapper à sa condition de fugitif. Il achète une chèvre pour nourrir le bébé et s'attache profondément à l'enfant qu'il soigne avec dévouement. Pour soigner les jambes de la fillette atteinte d'une maladie, il l'emmène tous les jours sur les rives sablonneuses du liman.
Pendant que l'enfant joue dans le sable, Ivan s'endort et fait des rêves étranges où il entend une voix l'appeler. Un jour, il voit en songe un moine et un monastère blanc. En s'éveillant, il découvre une dame qui pleure en serrant la petite fille dans ses bras. Il s'agit de la mère de l'enfant qui supplie Ivan de la lui rendre.
La dame revient les jours suivants au bord du liman, apportant des cadeaux et racontant son mariage forcé et son amour pour un autre homme. Elle finit par annoncer que son amant veut offrir une grosse somme d'argent à Ivan pour racheter l'enfant. Ivan refuse catégoriquement de céder la fillette, se considérant comme lié par son devoir. Au moment où le uhlan s'approche d'eux à travers la steppe, Ivan s'apprête à en découdre avec lui.
7.Un duel d honneur et la foire de Penza
Ivan provoque l officier pour l obliger à se battre, mais après un court échange de coups, il refuse l argent qu'on lui propose. Pris de remords d avoir frappé un défenseur de la patrie, il s'attache à la petite fille et s enfuit avec les deux amants jusqu à Penza. Là-bas, l officier lui donne de l argent pour partir, et Ivan, pour apaiser sa conscience, supplie son ancien rival de le frapper en retour. L officier refuse et l embrasse avant de le congédier.
Ivan se rend ensuite à la foire et découvre le campement du khan Djangar, un puissant chef tatare de la steppe. Il assiste à l exposition d une magnifique jument blanche que le khan met aux enchères. Deux riches amateurs, Bakchéï Otoutcheff et Tchepkoun Emgourtchéeff, se disputent ardemment l acquisition du animal en surenchérissant follement.
Face à cette impasse, les princes tatares décident de départager les deux rivaux par un duel au fouet. Ivan observe attentivement la lutte acharnée aux côtés d un spectateur expérimenté qui analyse chaque coup. Après un combat long et méthodique, Tchepkoun l emporte sur Bakchéï, qui finit par s évanouir. Le vainqueur monte alors la jument, tandis qu Ivan, fasciné par le spectacle, s interroge sur la suite de son destin.
8.Une course de chevaux d exception
Ivan Sévérianitch raconte comment un magnifique poulain bai brun fut mis en jeu par le khan Djangar lors d un combat de fouet. Un Tatare redoutable nommé Savakiréï défia les assistants pour remporter l animal. Ne voulant pas que le cheval échappe à son groupe, Ivan prit la place d un remonteur russe et affronta Savakiréï en combat singulier. En mordant une pièce de monnaie pour tromper la douleur et en comptant les coups, il tint bon jusqu à ce que le Tatare s écroule mort d épuisement.
Accusé à tort de meurtre par ses compatriotes russes qui refusaient de comprendre les règles loyales de ce duel, Ivan dut fuir et chercha refuge auprès des Tatares qui le cachèrent dans les steppes. Il vécut ainsi dix années entières au milieu d eux, exerçant ses talents de médecin rudimentaire grâce à l aloës et à la racine de galanga. Lorsque ses tentatives de fuite menacèrent sa liberté, les nomades décidèrent de l estropier en lui cousant des crins de cheval sous la plante des pieds pour l empêcher de marcher debout.
Condamné à se déplacer en s appuyant sur ses chevilles, Ivan fut marié par les Tatares à plusieurs femmes successives, dont la veuve de Savakiréï puis une jeune fille espiègle. Il s intégra tant bien que mal à cette existence rude, soignant le bétail et les familles des tribus nomades. Plus tard, un autre chef nommé Agachimola parvint à l enlever pour l emmener près de la mer Caspienne afin de profiter de ses talents de guérisseur.
9.L exil d Ivan dans les steppes
Ivan Sévérianitch raconte son long séjour forcé auprès des Tatares d Agachimola qui refusèrent de le laisser repartir chez Emgourtchéeff. Bien qu on lui eût attribué plusieurs épouses qu ils appelaient des Natachas et dont il eut de nombreux enfants nommés Kolkas, il refusa d accepter une vie de famille qu il considérait comme illégitime. En effet, ces enfants n ayant reçu aucun sacrement chrétien et vivant en terre païenne, il ne pouvait éprouver pour eux de véritables sentiments paternels ni les regarder comme les siens.
Durant ces dix années passées au milieu de la steppe immense, la monotonie du paysage et le souvenir de sa patrie le plongèrent dans un profond désespoir. Les journées étouffantes d été au milieu des stipes ou la vie intolérable près des marais salants de la mer Caspienne exacerbaient son mal du pays. Quand la canicule laissait place à l hiver rigoureux, la privation de toute nourriture correcte et la vision des chevaux émaciés ajoutaient encore à sa détresse morale.
Au milieu de cette existence fastidieuse, les réminiscences de sa terre chrétienne et de ses traditions familiales le hantaient sans cesse. Il se remémorait les célébrations de la Nativité dans son village et les souvenirs de sa jeunesse en Russie. Submergé par le regret de vivre en concubinage et de ne pouvoir se confesser, il sortait discrètement de sa tente chaque nuit pour prier en versant des larmes sur la neige. Après ce récit empreint d une pieuse tristesse, Ivan s arrêta un moment avant de s apprêter à raconter aux auditeurs comment il parvint enfin à s enfuir de la steppe.
10.L'Évasion Miraculeuse
Ivan Sévérianovitch raconte son long et pénible séjour en captivité chez les Tatares, où sa foi s'était affaiblie au point qu'il avait cessé de prier. Un jour, l'arrivée de deux missionnaires russes munis d'un sauf-conduit rançonne son espoir. Il se jette à leurs pieds pour implorer leur aide et sa libération, mais les ecclésiastiques refusent de le secourir au nom de leur mission d'évangélisation auprès des infidèles et de leur neutralité politique. Peu de temps après, Ivan découvre le corps supplicié de l'un de ces missionnaires, qu'il enterre pieusement avec l'aide d'un de ses fils.
Un autre épisode tragique survient lors de la venue d'un vieux Juif errant qui tente de convertir les indigènes en leur racontant des histoires tirées du Talmud. Les Tatares, convaincus qu'il dissimule une fortune, le soumettent à d'horribles tortures avant de l'enterrer dans le sable, où il périt. Des roubles cousus dans ses semelles sont découverts plus tard par les animaux sauvages. Interrogé par ses auditeurs sur la manière dont il a finalement recouvré la liberté, Ivan annonce que son salut est dû à l'intervention extraordinaire d'un mystérieux personnage hindou nommé Talafa.
12.Un début de vie errante
Ivan Sévérianitch commence son récit en évoquant son départ sans perspectives après avoir obtenu son passeport. Sa route croise d'abord celle d'un Tsigane et d'un moujik en train d'échanger des chevaux. Le Tsigane utilise un stratagème malhonnête pour avantager sa bête, mais Ivan, qui nourrit une profonde rancune envers les Tsiganes depuis qu'il a été poussé au vagabondage, prend la défense du paysan. Il démasque la supercherie et pique l'animal pour prouver sa faiblesse. Dès lors, il met son talent d'expert en chevaux au service des paysans de foire en foire, prodiguant de précieux conseils et gagnant rapidement de belles ressources ainsi que la sympathie générale.
Cette réputation grandissante le met toutefois à dos avec les Tsiganes, qui le voient comme un fléau et l'accusent faussement de sorcellerie. Pour se prêter à son art, un prince remonteur finit par lui offrir cent roubles afin d'apprendre le secret de sa perspicacité. Ivan lui enseigne alors les subtilités de l'examen équin et l'aide à éviter les innombrables tromperies des maquignons. Malgré ces leçons théoriques, le prince se laisse abuser lors d'achats ultérieurs. Il décide donc d'engager Ivan directement comme conseiller officiel pour ses acquisitions d'écurie.
Durant trois années passées au service de ce prince, Ivan exerce son métier en toute honnêteté, nouant une relation de profonde complicité et d'estime mutuelle avec son maître. Les deux hommes partagent des moments de familiarité où Ivan rabroue affectueusement le prince pour ses dettes de jeu tout en refusant de lui prêter les fonds de l'écurie. En contrepartie, le prince se montre extrêmement indulgent à l'égard des accès d'ivresse et des escapades périodiques d'Ivan, déclenchés par la nostalgie ou le chagrin de voir partir de beaux chevaux. Malgré cette bienveillance et une vie stable, Ivan reste rongé par ce fâcheux penchant et décide de tenter une dernière et terrible sortie pour s'en guérir.
13.Une dernière sortie extraordinaire
Ivan Séverianitch raconte à ses auditeurs un épisode marquant de sa jeunesse au service du prince, alors qu’il devait convoyer des chevaux de race, dont une magnifique jument nommée Didon. Avant de se séparer de son maître parti pour une autre foire, il se retrouve en possession d’une somme importante de plus de cinq mille roubles sans personne à qui la remettre. Désireux de s’amuser mais tourmenté par l’angoisse de perdre ou de se faire voler cet argent, il hésite longuement, cache le magot dans divers endroits improbables avant de le garder sur lui, puis trouve un moment de répit spirituel après avoir prié devant une fresque du Jugement Dernier.
Il se rend ensuite dans un traktir pour prendre du thé et y rencontre un personnage singulier, un ancien noble ruiné qui mène une vie de mendiant et de marginal tout en professant une curieuse philosophie de la souffrance. Cet homme explique qu’il boit non seulement par misère, mais par choix chrétien, afin de porter la croix de l’ivrognerie et d’empêcher qu’un autre ne s’en empare. Captivé par ses propos extravagants et sa personnalité hors du commun, Ivan Séverianitch engage la conversation et lui offre de l’eau-de-vie, nouant avec lui une relation à la fois perplexe et fascinée.
Le mystérieux compagnon prétend posséder un don magnétique capable d’annuler instantanément l’ivresse et de guérir les autres de leurs penchants destructeurs. Pour convaincre Ivan Séverianitch, il lui fait une démonstration spectaculaire en recouvrant instantanément toute sa sobriété, puis accepte de l’aider à se débarrasser de son penchant pour la boisson. Malgré les précautions rituelles du prétendu médecin, qui multiplie les passes magiques au-dessus des verres, la prétendue cure se transforme rapidement en une longue beuverie partagée où les deux hommes consomment de grandes quantités d’alcool en discutant de la nature de la beauté et de l’amour.
14.Rencontre nocturne et mystique avec le magnétiseur
Dès sa sortie du traktir dans une obscurité profonde, le narrateur s'assure d'avoir conservé son portefeuille et redoute de se faire attaquer en raison de l'argent qu'il a exhibé. Alors qu'il s'interroge sur la disparition de son compagnon, celui-ci surgit soudainement devant lui en se qualifiant de magnétiseur. Malgré des visions étranges et troublantes, incluant un homme affichant deux nez, il se laisse entraîner par cet individu énigmatique qui prétend lui offrir une nouvelle intelligence de la vie et le guider vers la perfection de la nature.
Tout au long de leur déambulation nocturne, le mystérieux personnage manipule l'occiput et la nuque de son compagnon pour lui transmettre un soi-disant fluide magnétique. Cette intervention perturbe profondément la perception visuelle du narrateur, qui se met soudain à voir des spectres menaçants surgir de l'obscurité tandis que des bruits de fête retentissent près d'une maison éclairée. Inquiet mais fasciné par les passes magnétiques de son guide, il observe le comportement paradoxal de cet homme qui alterne entre des propos décousus d'ivrogne et un discours étonnamment éloquent et poétique.
Après de intenses efforts et des frictions sur la poitrine, le magnétiseur réussit à dissiper une partie des ténèbres environnantes. Il extrait de sa poche un tout petit morceau de sucre sale, le nettoie rapidement et l'offre au narrateur en affirmant qu'il s'agit d'un conducteur magnétique fortifiant. Aussitôt après avoir avalé le sucre, le narrateur se retrouve seul dans l'obscurité, totalement lucide mais totalement désorienté. Ne reconnaissant ni la rue ni la maison voisine d'où provient la lumière, il décide d'avancer pour trouver son chemin ou affronter les éventuels fantômes qui l'attendent.
15.La nuit au cabaret des tziganes
Guidé par une fascination irrésistible, le narrateur franchit le seuil d'un établissement nocturne animé par des chants mélodieux et une foule nombreuse. Il y aperçoit son magnétiseur expulsé à la dérobée par un tsigane avant d'être lui-même invité à entrer dans une vaste salle enfumée. Au milieu des spectateurs captivés, une jeune femme nommée Grouchka charmante et gracieuse fait le tour des tables pour recueillir les offrandes du public en échange de verres de champagne et de baisers rapides.
Lorsqu'elle s'approche enfin de sa place reculée, le narrateur est immédiatement envoûté par sa beauté et lui offre somptueusement un billet de cent roubles. Pris au piège d'une passion dévorante et poussé par la jalousie envers les autres clients fortunés ainsi qu'un capitaine de hussards, il dépense sans compter tout l'argent de son portefeuille pour commander des chansons et l'obliger à danser. Malgré son apparente réticence initiale, la jeune tsigane finit par l'accepter pour cavalier sous l'œil approbateur du vieux tsigane.
La frénésie gagne peu à peu toute l'assistance tandis que la musique s'accélère et que les convives se lancent dans une danse tourbillonnante. Transporté par l'exaltation et en proie à une jalousie amoureuse, le narrateur jette toutes ses dernières richesses aux pieds de Grouchka sous forme d'une boule de billets. Exténué par cette nuit d'excès et consumé par une soif ardente, il brise le goulot d'une bouteille de champagne pour étancher sa soif et clamer son adoration.
16.L'ivresse de la liberté et du remords
Ivan Sévérianitch raconte la suite de ses aventures et affirme être totalement guéri de son penchant pour l'alcool grâce à un magnétiseur. Malgré cette guérison, il se trompe de lieu en rentrant chez lui et brise les cristaux de sa logeuse en sautant du sol. Le magnétiseur en question n'est plus joignable car il est décédé des suites de ses propres excès. Ivan rencontre ensuite son prince pour s'expliquer sur l'argent dilapidé avec les tsiganes. Le prince, loin de le blâmer sévèrement, se montre tout aussi ruiné et fou amoureux d'une jeune tsigane nommée Grouchka.
Le prince explique qu'il a dépensé une fortune colossale pour Grouchka et qu'il est prêt à tout sacrifier pour sa beauté. Il mène Ivan dans sa retraite pour lui présenter la jeune femme qui vit désormais avec lui. Grouchka reste d'abord silencieuse et prostrée avant de laisser éclater sa tristesse à travers le chant. Les larmes et la détresse de Grouchka émeuvent profondément le prince, qui entonne à son tour une mélopée douloureuse. Voyant la jeune femme apaiser le prince et l'entourer de ses bras, Ivan se retire discrètement pour les laisser seuls.
17.La passion inconstante du prince
Ivan Sévérianitch raconte comment le prince, son maître, a acheté Grouchka à grand prix auprès de son père et des Tsiganes, dépensant toute sa fortune avant de se lasser rapidement d’elle. Incapable de rester en place, le prince s'est lancé successivement dans diverses entreprises ruineuses, telles qu'un commerce de chevaux, un moulin et une fabrique de harnais, qui ont toutes échoué et assombri son humeur. Malgré sa générosité et ses efforts constants pour le retenir, Grouchka souffrait cruellement de la solitude et d'une jalousie maladive, craignant sans cesse qu'il ne l'abandonne pour une autre femme.
Torturée par le soupçon et les larmes, la jeune femme a supplié Ivan Sévérianitch de se rendre en ville afin de découvrir si le prince fréquentait une ancienne maîtresse ou s'apprêtait à se marier. Par pitié, Ivan a fini par céder et s'est mis en route sous un prétexte fallacieux. Une fois sur place, il s'est rendu directement chez Eugénie Séménovna, l'ancienne compagne du prince et mère de sa fille, une femme instruite et élégante dont la rivalité rendait les craintes de Grouchka parfaitement fondées.
Pendant sa visite, le prince est inopinément arrivé pour rendre visite à l'enfant. Pour ne pas être vu, Ivan s'est caché dans une étroite pièce attenante en compagnie de la vieille bonne Tatiana Iakovlevna, qu'il a habilement incitée à bavarder en lui versant du rhum dans son thé. Après que le prince a insisté pour envoyer la petite fille faire une promenade en voiture avec sa nourrice, il s'est retrouvé seul en tête-à-tête avec Eugénie Séménovna, laissant Ivan aux aguets derrière une porte close pour percer enfin leurs intentions secrètes.
18.La machination financière et le destin tragique de Grouchka
Le narrateur observe en cachette la visite du prince chez Eugénie Séménovna, la barinia. Le prince avoue qu il a besoin de vingt mille roubles pour acquérir une fabrique de drap et devenir millionnaire grâce à la revente de produits de mauvaise qualité aux Asiatiques. Il compte envoyer le narrateur, Ivan Golovan, à la foire de Macaire pour conclure des marchés lucratifs. Grâce à cette fausse prospérité et aux manœuvres suggérées par Eugénie Séménovna, le prince espère tromper le maréchal de la noblesse pour épouser sa fille. Pour financer son projet, il demande à la barinia de gager sa propre maison, ce qu elle accepte par dévouement et par résignation.
Le prince se souvient ensuite de Grouchka, sa maîtresse tsigane, qu il projetait d abandonner ou de marier de force à Ivan Golovan. Informé que ce dernier se trouve en ville, le prince s empresse de le recruter et l envoie immédiatement à la foire de Macaire muni de faux papiers. Le narrateur réussit brillamment sa mission commerciale et expédie l argent au prince, mais il découvre à son retour au village un domaine entièrement métamorphosé. La demeure seigneuriale a été rénovée et le pavillon de Grouchka a été rasé, tandis qu une étiquette sévère règne désormais parmi les domestiques.
Inquiet du sort de Grouchka, le narrateur apprend qu elle a disparu brusquement en calèche avec le prince dix jours plus tôt. Persuadé que le prince l a assassinée pour éliminer tout obstacle à son mariage aristocratique, le narrateur refuse d assister aux noces et passe toute la journée errant dans les bois. À la tombée de la nuit, il s installe au bord de la rivière en contrebas de la maison illuminée où bat son plein la fête nuptiale. Submergé par une profonde tristesse, il appelle plaintivement la jeune tsigane disparue et sent soudain, dans l obscurité, une présence mystérieuse surgir tout près de lui.
19.La rencontre nocturne avec Grouchka
Ivan Séverianitch découvre avec effroi la présence de Grouchka dans l obscurité près de lui. Elle se débat et soupire avant de révéler qu elle est venue chercher la mort. Ivan tente de la rassurer en lui proposant un refuge et une vie nouvelle mais la jeune femme refuse obstinément. Elle confesse qu elle est rongée par la jalousie et qu elle a l intention de tuer la jeune épouse d un homme qu elle aimait ainsi que de mettre fin à ses propres jours.
L aspect physique de Grouchka a profondément changé sous l effet de la souffrance. Sa beauté s est effacée laissant place à des yeux flamboyants et à une maigreur poignante tandis que ses vêtements sont en lambeaux et ses pieds nus. Elle raconte comment son amant l a maltraitée et finalement abandonnée malgré son dévouement total et sa grossesse. Son esprit oscille entre le délire et la colère contre le prince qui l a humiliée et enfermée.
Ivan essaie de l apaiser en lui remémorant les témoignages d amour passés de l homme qui se prosternait devant elle. Grouchka écoute ses paroles avec un calme relatif tout en exprimant sa rancœur amère envers l inconstance de celui qu elle aimait. Elle explique comment les critiques mesquines de son amant concernant ses tenues ont fini par lui prouver qu elle lui était devenue odieuse. Elle conclut son récit en livrant les détails de leur rupture définitive.
20.Le récit de Grouchka
Grouchka raconte à Ivan Sévérianitch les épreuves qu'elle a traversées depuis qu'elle l'a quitté. Après l'annonce du mariage imminent du prince, elle a sombré dans un profond désespoir tout en portant son enfant. Lorsqu'elle a enfin entendu l'arrivée de son amant, elle s'est précipitée pour l'accueillir vêtue de sa plus belle robe bleue. Le prince l'a d'abord ignorée avant de manifester une violente aversion pour la croix qu'elle portait autour du cou. Quelque temps plus tard, il l'a entraînée dans une longue promenade en calèche qui s'est achevée dans un endroit boisé et marécageux.
Là, il l'a abandonnée de force dans une habitation isolée sous la surveillance de trois paysannes robustes. Malgré ses supplications, le prince est reparti seul, laissant Grouchka prisonnière et au désespoir. Après de nombreuses tentatives infructueuses pour fuir, elle a fini par élaborer un stratagème ingénieux. En proposant un jeu de colin-maillard où les participantes auraient les mains liées dans le dos, elle a réussi à neutraliser et à garrotter ses trois gardiennes l'une après l'autre. Elle s'est ensuite enfuie à travers la forêt pendant toute la nuit.
Au matin, elle a rencontré un vieillard couvert de cire et d'abeilles qui l'a nourrie et lui a conseillé d'appeler le nom de son compagnon en respectant la direction du vent. C'est ainsi qu'elle a pu retrouver Ivan Sévérianitch, qu'elle considère désormais comme un frère chéri. Elle lui a alors fait promettre, sous la terrible menace d'une malédiction mutuelle, d'accomplir une dernière action pour sauver son âme. Ne supportant plus la trahison du prince et menaçant de se suicider ou de se venger, elle l'a supplié de la poignarder lui-même en plein cœur.
Épouvanté par cette demande, Ivan Sévérianitch a refusé de porter le coup mortel, mais elle a réussi à s'emparer de son couteau en le menaçant de devenir la plus infâme des femmes si le meurtre n'avait pas lieu. Tremblant de tous ses membres, il lui a ordonnacé de prier avant de la pousser finalement dans la rivière. Face à cette conclusion tragique, l'auditoire reste silencieux et doute soudain de la véracité entière du récit d'Ivan Sévérianitch, qui confirme la noyade de Grouchka et son immense désolation.
21.Le Voyageur Enchanté
Accablé par la terreur et la culpabilité après la perte de Grouchka, le protagoniste s'enfuit en errant sans but à travers les chemins d'automne. Il rencontre un vieux paysan et sa femme affligés par le départ de leur fils unique pour la conscription militaire. Mû par un élan de pitié, il accepte de prendre la place du jeune conscrit sous le nom de Pierre Serdukoff et donne l'argent reçu à un monastère pour le salut de Grouchka. Il demande ensuite à être envoyé au Caucase, où il passe plus de quinze ans à combattre l'ennemi.
Durant une expédition militaire périlleuse le long de la rivière Koï-Sou, il se porte volontaire pour traverser l'eau glacée sous le feu des Tatares afin de fixer un câble de pont. Porté par le souvenir de Grouchka qui lui apparaît sous les traits d'une adolescente ailée, il réussit l'exploit au péril de sa vie. Son courage lui vaut d'être promu officier, mais ses aveux réitérés sur son passé criminel finissent par lasser ses supérieurs, qui l'envoient finalement à la retraite avec la croix de Saint-Georges et une lettre de recommandation pour Pétersbourg.
Arrivé dans la capitale, il trouve un emploi subalterne peu rémunérateur au bureau des adresses, attaché à la lettre la plus ingrate de l'alphabet. Incapable de survivre ainsi et refusant de redevenir cocher en raison de son statut de noble et d'officier décoré, il s'engage comme acteur dans une baraque foraine de la place de l'Amirauté. Il y joue le rôle du diable, contraint de porter un costume contraignant et d'endurer les coups répétés de ses camarades de scène. Lorsqu'il prend la défense d'une jeune actrice harcelée par un collègue, il est violemment rejeté par la troupe et se retrouve de nouveau sans ressources.
Finalement recueilli par la solidarité et trouvant le monde extérieur hostile, il choisit de se retirer dans un monastère. Devenu le père Izmaïl, il y retrouve une existence paisible et réglée en reprenant ses anciennes fonctions de cocher. Bien qu'il raconte parfois son passé tourmenté et ses quêtes d'expiation, personne ne le croit véritablement, et il achève ses jours dans la sérénité de sa condition monastique.
22.Lutte spirituelle au monastère
Retiré dans un monastère qu il croyait être le port final de sa vie, Ivan Sévérianovitch pensait en avoir fini avec ses tribulations, mais il dut affronter de nouvelles épreuves spirituelles. Interrogé par ses compagnons de voyage sur ses rapports avec le diable, il expliqua qu il avait d abord dû résister à de redoutables séductions. Grâce aux conseils avisés d un vieux religieux, il triompha de l esprit malin en multipliant les prosternations, le jeûne et les mortifications les plus sévères jusqu à ce que l ennemi renonce à le tenter sous des formes séductrices.
Il dut ensuite faire face à une multitude de petits diables espiègles qui prenaient un malin plaisir à semer le désordre. L un d eux le persécuta durant des nuits en soupirant sans cesse et en se faisant passer pour le spectre d un suicidé. Persuadé d avoir affaire à un intrus surnaturel, Ivan alla jusqu à frapper de sa hache une ombre menaçante, pour s apercevoir qu il avait blessé la vache du couvent. Cet incident lui valut d être puni par le supérieur et de se voir confier la tâche d allumer les bougies, ce qui l exposa de plus belle aux facéties de ces petits démons.
Enfermé ensuite dans une cave vide pour s être laissé emporter et avoir renversé des bougies, Ivan y trouva la quiétude du travail manuel en moulant du sel. Sa lecture assidue de la vie de saint Tikhon de Zadonsk et des journaux le conduisit à méditer sur une prophétie concernant la paix universelle et la destruction imminente. Habité par un soudain don de prophétie et pris d un grand chagrin pour la patrie, il se mit à pleurer et à prédire une guerre prochaine à tous ceux qui l écoutaient à travers le soupirail.
Transféré dans une izba du potager auprès d une icône du Bon silence afin d y apaiser son esprit prophétique, il continua de parler de guerre dès qu il rencontrait quelqu un. Après un examen attentif, un médecin conseilla de le laisser voyager pour rompre cette existence sédentaire. Il fait route à présent vers le monastère de Solovetsk pour visiter les tombeaux avant une guerre qu il persiste à annoncer, prêt à quitter son habit monastique pour revêtir l uniforme et mourir pour le peuple.
23.Note sur cette édition numérique
Ce texte présente les informations relatives à une publication électronique diffusée par le groupe Ebooks libres et gratuits. Il détaille la nature de ce projet collaboratif qui met à disposition des œuvres libres de droits à des fins strictement non commerciales et non professionnelles. Les lecteurs y trouvent les mentions concernant l'élaboration de l'ouvrage, avec la participation de membres dévoués à la promotion de la culture littéraire.
Les responsables rappellent que cette réalisation provient d'un travail bénévole et amateur, réalisé avec des moyens modestes sans garantie d'intégrité parfaite par rapport aux textes originaux. Ils encouragent la diffusion et le partage de ces classiques littéraires tout en invitant le public à soutenir leur démarche.
24.Notes explicatives et linguistiques russes
Ce texte se présente sous la forme d'une série de notes explicatives et philologiques destinées à éclairer des termes russes spécifiques et des particularités culturelles pour le lecteur francophone. Les entrées abordent divers aspects de la langue et des traditions de la Russie et de ses régions limitrophes. Chaque élément fournit une définition concise ou une précision sur des mots d'origine étrangère présents dans l'œuvre originale.
Plusieurs définitions touchent au domaine religieux et administratif. Le texte explique notamment un titre honorifique russe accordé aux membres du haut clergé, ainsi qu'un titre spécifique désignant des employés appartenant à une classe précise du système du tchin. Une mention particulière est également faite à une fête religieuse traditionnelle célébrée lors de l'ouverture du carême de l'Assomption.
D'autres notes se concentrent sur le vocabulaire pittoresque et géographique. On y trouve des explications concernant des interjections de cochers pour arrêter leurs chevaux, des unités de mesure comme le verchok, et des descriptions de vêtements typiques portés par les peuples du Caucase. Le lexique s'étend également à des lieux géographiques spécifiques tels que Nijni Novgorod et à des regroupements culturels comme un campement de Tsiganes.
Enfin, une part importante des notes est consacrée à des subtilités linguistiques et chorégraphiques. Le traducteur y aborde l'impossibilité de retransduire en français certaines altérations de termes liés au thé et au feu dans le texte source. Sont également détaillés une figure de danse traditionnelle appelée plâska, le rôle d'une ordonnance militaire, ainsi que plusieurs correspondances et évolutions de lettres de l'alphabet russe par rapport au grec ancien et au vieux slave.
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