La demeure du évêque à D se compose d'un rez-de-chaussée, d'un premier étage et d'un grenier, complétés par un jardin d'un quart d'hectare. Les deux femmes occupent l'étage supérieur tandis que le prélat loge au rez-de-chaussée, qui comprend une salle à manger, une chambre à coucher et un oratoire. Cet espace est extrêmement dépouillé, meublé seulement de tables en bois blanc, de chaises de paille et de quelques objets de nécessité. Le mobilier de luxe y est absent, à l'exception de quelques couverts en argent et de deux grands chandeliers hérités d'une grande-tante que l'on sort pour les invités.
Le jardin est divisé en allées et en carrés cultivés par Madame Magloire pour les légumes, tandis qu'un carré est réservé aux fleurs que le prélat arrose chaque soir avec soin. Fidèle à ses principes de charité et de détachement, il consacre ses ressources aux pauvres plutôt qu'à l'achat de meubles confortables ou d'un nouvel autel pour son oratoire. Il considère que le beau est aussi utile que l'utile et privilégie la simplicité absolue dans son cadre de vie quotidien.
La caractéristique la plus remarquable de cette habitation réside dans l'absence totale de verrou sur la porte d'entrée de la rue. Celle-ci reste constamment ouverte jour et nuit, munie d'un simple loquet accessible à tous les passants. Malgré les inquiétudes légitimes de ses compagnes, le prélat refuse de barricader sa maison, convaincu que la porte d'un prêtre doit toujours demeurer ouverte pour accueillir ceux qui ont besoin d'un refuge.