La vie privée de Monseigneur Myriel se caractérise par une simplicité constante et une profonde dévotion. Dormant peu en raison de son grand âge, il consacre ses matins à la méditation et à la messe, suivies d'un repas frugal composé de pain de seigle et de lait. Ses journées bien remplies se partagent entre les affaires ecclésiastiques, l'administration, l'examen de livres et une généreuse attention portée aux nécessiteux et aux malades. Le temps qui lui reste est voué au travail intellectuel, qu'il compare volontiers au jardinage en qualifiant l'esprit de jardin.
Vers midi, il se promène dans la ville ou la campagne pour rendre visite aux habitants, privilégiant les pauvres lorsqu'il a de l'argent et les riches lorsqu'il est démuni. Sa présence suscite partout la joie et la bénédiction, et son habitude de porter un manteau chaud en toute saison lui permet de dissimuler l'usure de ses soutanes. Après son dîner modeste, il soupe le soir avec sa sœur et sa gouvernante, tout en accueillant parfois des curés avec des repas plus fins.
Ses journées s'achèvent par de breves conversations familiales, suivies de longues heures de travail nocturne et d'écriture. Érudit et homme de lettres, il rédige des manuscrits théologiques et annote fréquemment les marges des livres qu'il lit par de profondes réflexions philosophiques et spirituelles.