Winston rêve de sa mère et de sa petite sœur, qu il revoit dans un endroit souterrain semblable au salon d un navire en train de couler. Les deux femmes le regardent sans reproche, acceptant que leur vie soit sacrifiée pour qu il puisse survivre. Cette vision éveille chez Winston une prise de conscience sur l amour et la noblesse des émotions d autrefois, totalement disparus dans le monde présent régi par la peur et la haine. Il se remémore ensuite la Contrée Dorée, un pâturage paisible où une jeune femme se dépouille de ses vêtements avec une grâce qui semble menacer le Parti et la Police des Pensées.
Le son strident du télécran interrompt ses pensées et le rappelle à la dure réalité de son existence au sein du Parti Extérieur. Il s habille à la hâte avant de subir une violente quinte de toux qui lui vide les poumons. Rapidement, il doit se placer devant l écran pour participer aux Chocs Corporels, une séance d exercices physiques rythmés dirigée par une instructrice exigeante. Tout en bougeant ses membres et en arborant une expression neutre, son esprit tente de remonter le cours de ses souvenirs d enfance dans un passé de plus en plus brumeux.
Ses pensées dérivent vers la modification permanente de l histoire orchestrée par le Parti. Winston se rappelle qu Océania était alliée à Eurasia quatre ans auparavant, alors que la propagande officielle prétend le contraire et affirme qu elles ont toujours été en guerre. Il réalise avec effroi que le Parti peut altérer les faits et détruire le passé en l absence de toute trace écrite, exigeant des citoyens qu ils pratiquent le doublepense. Alors qu il peine à toucher ses pieds lors d un nouvel exercice, il repense à son incapacité à prouver les mensonges du régime, avant d être repris rudement par l instructrice du télécran et de réussir enfin l exercice.