L évêque ne renonce jamais à ses visites pastorales malgré la vente de sa voiture pour les pauvres. Le diocèse de D est vaste et montagneux ce qui rend les déplacements difficiles. Il accomplit cette tâche en marchant dans les environs en voiture bâclée dans la plaine et à dos d un âne dans la montagne. Ses deux fidèles vieilles femmes l accompagnent souvent mais il poursuit seul ses tournées lorsque la fatigue devient trop grande pour elles.
Lors de son arrivée à Senez une ancienne cité épiscopale juché sur son âne il provoque la surprise et la moquerie des habitants ainsi que du maire. L évêque leur répond avec simplicité qu il utilise cette monture par pure nécessité et non par vanité rappelant qu elle fut autrefois celle de Jésus Christ. Son attitude désarme les critiques et montre son humilité constante au service des fidèles.
Durant ses voyages il se montre toujours bienveillant et privilégie la conversation aux sermons formels. Il enseigne par l exemple en citant des populations voisines vertueuses pour inspirer la concorde et la charité. Aux habitants des régions dures envers les plus faibles il oppose le modèle de Briançon qui protège les veuves et les orphelins. Il loue la générosité des gens d Embrun qui s entraident pour les récoltes des familles dans le besoin.
Il exhorte aussi les familles divisées par l argent à imiter les montagnards de Devolny où les biens reviennent aux filles. Face aux cantons enclins aux procès il vante la vallée de Queyras gouvernée par un maire juste qui règle les conflits gratuitement. Enfin il montre comment cette même vallée s organise pour financer des maîtres d école itinérants reconnaissables à leurs plumes d oie. Grâce à ce langage imagé et direct il parvient à convaincre et à toucher les coeurs par sa conviction profonde.