Grouchka raconte à Ivan Sévérianitch les épreuves qu'elle a traversées depuis qu'elle l'a quitté. Après l'annonce du mariage imminent du prince, elle a sombré dans un profond désespoir tout en portant son enfant. Lorsqu'elle a enfin entendu l'arrivée de son amant, elle s'est précipitée pour l'accueillir vêtue de sa plus belle robe bleue. Le prince l'a d'abord ignorée avant de manifester une violente aversion pour la croix qu'elle portait autour du cou. Quelque temps plus tard, il l'a entraînée dans une longue promenade en calèche qui s'est achevée dans un endroit boisé et marécageux.
Là, il l'a abandonnée de force dans une habitation isolée sous la surveillance de trois paysannes robustes. Malgré ses supplications, le prince est reparti seul, laissant Grouchka prisonnière et au désespoir. Après de nombreuses tentatives infructueuses pour fuir, elle a fini par élaborer un stratagème ingénieux. En proposant un jeu de colin-maillard où les participantes auraient les mains liées dans le dos, elle a réussi à neutraliser et à garrotter ses trois gardiennes l'une après l'autre. Elle s'est ensuite enfuie à travers la forêt pendant toute la nuit.
Au matin, elle a rencontré un vieillard couvert de cire et d'abeilles qui l'a nourrie et lui a conseillé d'appeler le nom de son compagnon en respectant la direction du vent. C'est ainsi qu'elle a pu retrouver Ivan Sévérianitch, qu'elle considère désormais comme un frère chéri. Elle lui a alors fait promettre, sous la terrible menace d'une malédiction mutuelle, d'accomplir une dernière action pour sauver son âme. Ne supportant plus la trahison du prince et menaçant de se suicider ou de se venger, elle l'a supplié de la poignarder lui-même en plein cœur.
Épouvanté par cette demande, Ivan Sévérianitch a refusé de porter le coup mortel, mais elle a réussi à s'emparer de son couteau en le menaçant de devenir la plus infâme des femmes si le meurtre n'avait pas lieu. Tremblant de tous ses membres, il lui a ordonnacé de prier avant de la pousser finalement dans la rivière. Face à cette conclusion tragique, l'auditoire reste silencieux et doute soudain de la véracité entière du récit d'Ivan Sévérianitch, qui confirme la noyade de Grouchka et son immense désolation.