Voltaire

Chapitre 5

Candide ou l'optimismeRésumé 🇫🇷 Français

Chassé de son paradis terrestre, Candide erre longuement à travers les champs sans but précis, pleurant amèrement et tournant ses regards vers le château qui abrite sa bien-aimée Cunégonde. Transi de froid et affamé sous une neige battante, il passe la nuit à même le sol avant de se traîner le lendemain vers la ville voisine de Valdberghoff-trarbk-dikdorff. Dépourvu d'argent et mourant d'épuisement, le jeune homme s'arrête devant la porte d'un cabaret où sa stature imposante attire immédiatement l'attention de deux recruteurs habillés de bleu. Ces derniers l'abordent avec une grande civilité et l'invitent à partager leur table. Lorsque Candide mentionne modestement son incapacité à payer sa part, les deux hommes l'assurent que son mérite et sa taille de cinq pieds cinq pouces le dispensent de toute dépense, affirmant que les hommes sont faits pour s'entraider. Candide y voit une confirmation éclatante des théories optimistes de son maître Pangloss. Après lui avoir offert de l'argent qu'il accepte avec gratitude, ses hôtes l'invitent à porter un toast à la santé du roi des Bulgares. Dès que le jeune homme s'exécute, les deux recruteurs lui annoncent qu'il est désormais le défenseur et le héros de la nation bulgare. On lui met aussitôt les fers aux pieds pour le conduire de force au régiment. Candide y découvre la dureté de la vie militaire, subissant un entraînement intensif rythmé par de nombreux coups de bâton pour lui apprendre le maniement des armes. Grâce à sa discipline, il progresse rapidement et ses camarades commencent à le considérer comme un véritable prodige. Cependant, profitant d'un beau jour de printemps, Candide décide de s'en aller marcher tout droit devant lui, persuadé que l'usage de ses jambes est un droit naturel et inaliénable. Après avoir parcouru deux lieues, il est rapidement rattrapé par quatre soldats qui le lient et le jetteront dans un cachot. On lui propose alors un choix juridique implacable : être fustigé trente-six fois par l'ensemble du régiment ou recevoir douze balles dans la tête. Invoquant la liberté de choix, Candide opte pour les coups de baguette. Après deux promenades militaires qui lui déchirent cruellement le dos, il ne peut plus supporter la douleur et supplie qu'on lui casse la tête. Alors qu'on lui bande les yeux pour l'exécuter, le roi des Bulgares passe par là et s'informe de la situation. Doté d'un grand génie, le souverain comprend que Candide est un jeune métaphysicien totalement ignorant des réalités du monde et lui accorde magnanimement sa grâce. Un chirurgien parvient à guérir le blessé en trois semaines. À peine Candide a-t-il recouvré l'usage de ses jambes que le roi des Bulgares déclare la guerre au roi des Abares.