Candide ou l'optimisme

Résumé : Candide ou l'optimisme

Voltaire

Chapitre 1

Candide est un jeune homme élevé au château du baron de Thunder-ten-tronckh, en Westphalie. Doué d’un caractère particulièrement doux, honnête et naïf, il possède un esprit simple qui le pousse à accepter sans réserve tout ce qu’on lui enseigne. Les anciens domestiques pensent qu’il est le fils illégitime de la sœur du baron et d’un gentilhomme honorable, mariage qui n’aurait jamais eu lieu parce que celui-ci ne pouvait démontrer une noblesse suffisamment ancienne. Malgré cette naissance incertaine, Candide vit au sein de la famille du baron, bénéficiant d’une éducation privilégiée dans un environnement où la hiérarchie sociale et les apparences dominent les relations humaines. Le baron est présenté comme un puissant seigneur, fier de son rang et convaincu de posséder le plus beau château de toute la région. Les domestiques le traitent avec une admiration excessive, renforçant constamment son importance. La baronne, dont la corpulence inspire le respect, dirige la maison avec une autorité incontestée. Le couple a deux enfants, un fils destiné à perpétuer le prestige familial et une fille, Cunégonde, âgée de dix-sept ans. Belle, fraîche et pleine de vie, cette dernière attire profondément Candide, qui nourrit pour elle un amour silencieux. Dans son esprit, le plus grand bonheur après celui d’être né au château consiste à contempler chaque jour Cunégonde et à vivre auprès d’elle. Le précepteur Pangloss exerce une influence déterminante sur Candide. Considéré comme l’oracle de la maison, il enseigne une doctrine philosophique affirmant que tout est parfaitement ordonné dans le meilleur des mondes possibles. Selon lui, chaque élément de la création possède une fonction précise et contribue nécessairement au bien général. Il illustre cette idée par des exemples volontairement absurdes, expliquant que les nez existent pour porter des lunettes, les jambes pour être chaussées, les pierres pour construire des châteaux et les cochons pour être consommés. Il conclut que rien ne pourrait être autrement et que chaque événement participe à un ordre universel optimal. Candide adopte ces principes avec une foi absolue, persuadé que son maître détient une vérité incontestable. Un jour, Cunégonde surprend Pangloss dans les bois du parc en train de donner une démonstration très concrète de ses théories à la femme de chambre de la baronne. Curieuse et désireuse de comprendre les notions de cause et d’effet dont parle constamment le philosophe, elle observe attentivement la scène. Cette expérience éveille en elle de nouveaux sentiments et l’amène à imaginer qu’elle pourrait vivre une relation semblable avec Candide. Lorsqu’elle le rencontre peu après, les deux jeunes gens rougissent, échangent quelques paroles maladroites et prennent conscience de leur attirance réciproque. Le lendemain, après le repas, ils se retrouvent seuls derrière un paravent. Cunégonde laisse tomber son mouchoir, Candide le ramasse, elle lui prend la main, qu’il embrasse avec émotion. Leur tendresse s’intensifie rapidement jusqu’à leur premier baiser. Cet instant d’innocence est interrompu par l’arrivée du baron, qui découvre les deux jeunes gens enlacés. Furieux qu’un garçon d’origine douteuse ose courtiser sa fille, il chasse immédiatement Candide du château à coups de pied. Cunégonde s’évanouit sous le choc et reçoit ensuite une gifle de sa mère. La paix qui régnait jusque-là au château disparaît brutalement, tandis que Candide est contraint de quitter le seul foyer qu’il ait jamais connu, mettant fin à son existence protégée et ouvrant une nouvelle étape de son destin.

Chapitre 3

Dans le château du baron de Thunder-ten-tronckh en Westphalie, vivait Candide, un jeune homme à la douceur naturelle et à l'esprit simple, d'où son nom. On le soupçonnait d'être le fils illégitime de la sœur du baron. Le baron, un puissant seigneur malgré sa description quelque peu ironique (son château possédait des portes et des fenêtres, et une tapisserie dans la grande salle), était entouré d'une maisonnée qui le vénérait. Sa femme, la baronne, pesait environ trois cent cinquante livres et inspirait un grand respect. Leur fille, Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était décrite comme appétissante, tandis que leur fils était digne de son père. Le précepteur de la maison, Pangloss, était l'oracle de la famille. Il enseignait une philosophie complexe, la "métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie", et prônait avec conviction que le monde actuel était le "meilleur des mondes possibles" et que le château du baron était le plus beau. Il justifiait cette vision par des arguments de causes finales absurdes, affirmant par exemple que les nez étaient faits pour porter des lunettes et les cochons pour être mangés. Candide, avec toute la bonne foi de son jeune âge, écoutait et croyait ces leçons. Il admirait profondément mademoiselle Cunégonde, bien qu'il n'osât jamais lui avouer ses sentiments. Son bonheur, selon lui, se classait ainsi : naître baron, être mademoiselle Cunégonde, la voir chaque jour, puis écouter maître Pangloss. Un jour, lors d'une promenade dans le parc, Cunégonde surprit le docteur Pangloss en train de donner une "leçon de physique expérimentale" à la femme de chambre de sa mère. Témoin des "expériences réitérées" du précepteur, elle comprit "la raison suffisante du docteur, les effets et les causes". Cette observation la laissa agitée, pensive et animée d'un désir de savoir, imaginant qu'elle pourrait être la "raison suffisante" de Candide, et lui la sienne. En retournant au château, elle rencontra Candide. Tous deux rougirent, échangeant des salutations hésitantes. Le lendemain, après le dîner, Cunégonde et Candide se retrouvèrent discrètement derrière un paravent. Cunégonde laissa tomber son mouchoir, que Candide ramassa. Innocemment, elle lui prit la main, et il la baisa avec une vivacité et une sensibilité particulières. Leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s'enflammèrent, leurs genoux tremblèrent et leurs mains s'égarèrent. Malheureusement, le baron de Thunder-ten-tronckh passa à cet instant, observant "cette cause et cet effet". Sans hésitation, il chassa Candide du château à grands coups de pied. Cunégonde s'évanouit et, à son réveil, fut giflée par la baronne. Ainsi, la consternation s'empara du plus beau et du plus agréable des châteaux possibles.

Chapitre 4

Candide est un jeune homme naïf qui grandit en Westphalie dans le château du baron de Thunder-ten-tronckh. Il y reçoit les enseignements du docteur Pangloss, un philosophe qui lui inculque l'optimisme absolu, affirmant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Cependant, la vie de Candide bascule lorsqu'il est chassé du château après avoir été surpris en train d'embrasser Cunégonde, la fille du baron. Livré à lui-même, Candide est enrôlé de force dans l'armée des Bulgares. Il subit les horreurs de la guerre, assiste à des massacres effroyables et finit par déserter pour fuir vers la Hollande. C'est là qu'il retrouve son ancien maître Pangloss, défiguré par la syphilis. Pangloss lui apprend que le château a été détruit par les Bulgares et que Cunégonde a été violée et tuée. Recueillis par un bon anabaptiste nommé Jacques, ils s'embarquent tous trois pour le Portugal. À leur arrivée à Lisbonne, un terrible tremblement de terre détruit la ville. Jacques meurt tragiquement en mer, tandis que Candide et Pangloss survivent pour assister au désastre terrestre. Pour conjurer la mauvaise fortune et empêcher d'autres séismes, les autorités locales organisent un auto-da-fé. Pangloss est pendu pour ses idées philosophiques et Candide est fessé publiquement. Blessé et désorienté, le jeune homme est secouru par une mystérieuse vieille femme qui le soigne en secret. La vieille conduit ensuite Candide auprès de Cunégonde, qui est en réalité vivante. Elle raconte avoir survécu au massacre, pour être ensuite vendue à un banquier juif, Don Issachar, et partagée avec le Grand Inquisiteur de Lisbonne. Les retrouvailles amoureuses sont interrompues par l'arrivée surprise de Don Issachar, puis du Grand Inquisiteur. Pris de panique et pour défendre sa vie, Candide tue successivement les deux hommes. Obligés de fuir immédiatement pour échapper à la justice, Candide, Cunégonde et la vieille s'enfuient à cheval vers Cadix, en Espagne. Durant le voyage, ils se retrouvent totalement dévalisés, sombrant dans une profonde détresse matérielle. Pour redonner du courage à Cunégonde qui se plaint de ses malheurs, la vieille décide de leur raconter sa propre histoire. Elle révèle qu'elle est la fille d'un pape, autrefois princesse, mais que sa vie n'a été qu'une suite ininterrompue de tragédies, de viols, de mutilations et d'esclavage à travers la Méditerranée. Arrivés à Cadix, Candide obtient le commandement d'une compagnie d'infanterie grâce à son expérience chez les Bulgares. Le groupe s'embarque alors sur un navire en partance pour l'Amérique du Sud, espérant y trouver enfin le bonheur. Cependant, à leur débarquement à Buenos Aires, le gouverneur local s'éprend immédiatement de Cunégonde. Au même moment, la justice espagnole retrouve la trace du meurtre du Grand Inquisiteur à Lisbonne. Alerté par la vieille du danger imminent d'arrestation, Candide se voit contraint de fuir à nouveau précipitamment, abandonnant malgré lui Cunégonde.

Chapitre 5

Chassé de son paradis terrestre, Candide erre longuement à travers les champs sans but précis, pleurant amèrement et tournant ses regards vers le château qui abrite sa bien-aimée Cunégonde. Transi de froid et affamé sous une neige battante, il passe la nuit à même le sol avant de se traîner le lendemain vers la ville voisine de Valdberghoff-trarbk-dikdorff. Dépourvu d'argent et mourant d'épuisement, le jeune homme s'arrête devant la porte d'un cabaret où sa stature imposante attire immédiatement l'attention de deux recruteurs habillés de bleu. Ces derniers l'abordent avec une grande civilité et l'invitent à partager leur table. Lorsque Candide mentionne modestement son incapacité à payer sa part, les deux hommes l'assurent que son mérite et sa taille de cinq pieds cinq pouces le dispensent de toute dépense, affirmant que les hommes sont faits pour s'entraider. Candide y voit une confirmation éclatante des théories optimistes de son maître Pangloss. Après lui avoir offert de l'argent qu'il accepte avec gratitude, ses hôtes l'invitent à porter un toast à la santé du roi des Bulgares. Dès que le jeune homme s'exécute, les deux recruteurs lui annoncent qu'il est désormais le défenseur et le héros de la nation bulgare. On lui met aussitôt les fers aux pieds pour le conduire de force au régiment. Candide y découvre la dureté de la vie militaire, subissant un entraînement intensif rythmé par de nombreux coups de bâton pour lui apprendre le maniement des armes. Grâce à sa discipline, il progresse rapidement et ses camarades commencent à le considérer comme un véritable prodige. Cependant, profitant d'un beau jour de printemps, Candide décide de s'en aller marcher tout droit devant lui, persuadé que l'usage de ses jambes est un droit naturel et inaliénable. Après avoir parcouru deux lieues, il est rapidement rattrapé par quatre soldats qui le lient et le jetteront dans un cachot. On lui propose alors un choix juridique implacable : être fustigé trente-six fois par l'ensemble du régiment ou recevoir douze balles dans la tête. Invoquant la liberté de choix, Candide opte pour les coups de baguette. Après deux promenades militaires qui lui déchirent cruellement le dos, il ne peut plus supporter la douleur et supplie qu'on lui casse la tête. Alors qu'on lui bande les yeux pour l'exécuter, le roi des Bulgares passe par là et s'informe de la situation. Doté d'un grand génie, le souverain comprend que Candide est un jeune métaphysicien totalement ignorant des réalités du monde et lui accorde magnanimement sa grâce. Un chirurgien parvient à guérir le blessé en trois semaines. À peine Candide a-t-il recouvré l'usage de ses jambes que le roi des Bulgares déclare la guerre au roi des Abares.

Chapitre 6

De la guerre sanglante à la charité La guerre éclate entre les Bulgares et les Abares, offrant un spectacle d'une harmonie terrifiante et d'une effroyable boucherie. Les canons, la mousqueterie et les baïonnettes déciment environ trente mille hommes. Terrifié, Candide se cache tant bien que mal pendant ce massacre héroïque. Profitant du moment où les deux souverains font chanter des Te Deum dans leurs camps respectifs, le jeune homme décide de fuir pour aller raisonner ailleurs. Son chemin traverse des paysages de désolation : il découvre d'abord un village abare réduit en cendres par les Bulgares, jonché de cadavres de femmes, de vieillards et d'enfants mutilés. Il s'enfuit ensuite vers un village bulgare qui a subi exactement les mêmes atrocités de la part des héros abares. Candide poursuit sa route au milieu des décombres et des membres palpitants, emportant quelques provisions et gardant toujours en mémoire le souvenir de mademoiselle Cunégonde. Arrivé en Hollande, ses provisions épuisées, Candide espère trouver de l'aide dans ce pays réputé riche et chrétien. Cependant, sa quête d'aumône se heurte à la dureté des habitants qui menacent de l'enfermer dans une maison de correction. Il s'adresse alors à un orateur protestant qui vient de discourir longuement sur la charité. Au lieu de l'aider, cet homme l'interroge sur ses convictions religieuses et lui demande s'il croit que le pape est l'Antéchrist. Candide répond humblement selon les principes de causalité de son maître Pangloss, expliquant qu'il a simplement besoin de pain. Face à cette réponse évasive, l'orateur le chasse avec colère, tandis que sa femme jette sur la tête du jeune homme un vase rempli d'immondices depuis sa fenêtre. C'est alors qu'un bon anabaptiste non baptisé, nommé Jacques, assiste à ce traitement cruel. Ému de compassion envers son semblable, il recueille Candide, le nettoie, lui offre du pain, de la bière et deux florins, puis lui propose de travailler dans ses manufactures d'étoffes de Perse. Reconnaissant, Candide y voit une éclatante confirmation des théories optimistes de Pangloss. Le lendemain, au cours d'une promenade, sa route croise celle d'un malheureux mendiant au visage défiguré par la maladie, crachant ses dents dans une toux violente.

Chapitre 7

Candide rencontre un gueux effroyable et défiguré, qui se révèle être son ancien maître, le docteur Pangloss. Pris de compassion, Candide lui offre les deux florins qu'il a reçus de l'anabaptiste Jacques et le conduit à l'étable pour le nourrir. Une fois Pangloss rétabli, Candide s'enquiert du sort de Mademoiselle Cunégonde et du château de Monsieur le baron. Pangloss lui révèle alors la terrible vérité : Cunégonde a été éventrée par des soldats Bulgares après avoir subi de multiples viols. Le baron, tentant de la défendre, a eu la tête cassée, la baronne a été coupée en morceaux, et le jeune baronnet a connu le même sort que sa sœur. Le château a été rasé, ne laissant "pas pierre sur pierre". Candide s'évanouit d'horreur à ce récit. Revenu à lui, Candide demande à Pangloss la cause de son état lamentable. Le philosophe explique que c'est l'amour, en la personne de Paquette, la soubrette de la baronne, qui l'a infecté d'une maladie vénérienne (la syphilis). Il retrace la généalogie de cette maladie, qui de Paquette remonte à un cordelier, puis à une vieille comtesse, un capitaine de cavalerie, une marquise, un page, un jésuite novice, et enfin à l'un des compagnons de Christophe Colomb, qui l'aurait contractée dans une île d'Amérique. Malgré la souffrance qu'elle engendre, Pangloss la justifie comme un "ingrédient nécessaire" dans le meilleur des mondes, car elle est liée à l'obtention du chocolat et de la cochenille. Il constate également son immense propagation, notamment parmi les armées européennes. Horrifié mais déterminé à aider, Candide insiste pour que Pangloss soit soigné. Sans argent, Pangloss ne peut se faire traiter. Candide se jette alors aux pieds de Jacques l'anabaptiste, décrivant la misère de son ami. Le bonhomme accepte de recueillir Pangloss et de payer pour sa guérison. Pangloss perd un œil et une oreille durant le traitement, mais ses compétences en écriture et en arithmétique lui permettent d'être embauché par Jacques comme teneur de livres. Deux mois plus tard, Jacques, contraint de se rendre à Lisbonne pour affaires, embarque Candide et Pangloss sur son navire. Durant le voyage, Pangloss maintient sa doctrine selon laquelle "tout est on ne peut mieux". Jacques, en désaccord, argumente que les hommes ont corrompu la nature, étant devenus des loups les uns pour les autres, et qu'ils ont créé des instruments de destruction. Pangloss réplique que "les malheurs particuliers font le bien général". Tandis qu'il argumente, l'air s'obscurcit et une terrible tempête s'abat sur le vaisseau à l'approche du port de Lisbonne.

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