Winston Smith rentre dans son appartement londonien au septième étage. Le monde extérieur est morne et surveillé par des affiches représentant le visage immense de Tonton. Dans son logement, un télécran diffuse continuellement des émissions de propagande tout en surveillant ses moindres faits et gestes. Les ministères de la Vérité, de la Paix, de l'Amour et de l'Abondance régissent la société d'Océania d'une main de fer, et la Police des Pensées guette la moindre déviation.
Afin de consigner ses pensées interdites, Winston s'installe dans une alcôve à l'abri du regard direct du télécran. Il ouvre un magnifique carnet acheté clandestinement et commence à écrire la date du quatre avril 1984. Il griffonne des souvenirs récents, notamment la projection de films de guerre violents au cinéma qui ont enthousiasmé le public, avant d'être submergé par le doute quant à l'utilité de sa démarche et à la réalité de l'époque.
Ses souvenirs le ramènent ensuite à un incident survenu plus tôt au département des Archives du ministère de la Vérité. Alors qu'il s'apprêtait à assister aux Deux Minutes de Haine, il avait croisé une jeune femme du département des Fictions qu'il suspectait d'être une espionne, ainsi qu'O'Brien, un membre influent du Parti Intérieur qui éveillait chez lui à la fois de la fascination et de l'espoir quant à une possible dissidence.
Le rituel des Deux Minutes de Haine commence alors brutalement avec l'apparition sur l'écran d'Emmanuel Goldstein, l'Ennemi du Peuple. Les participants, d'abord gagnés par la fureur, laissent rapidement place à une frénésie collective inévitable. Winston se prend à hurler avec la foule, alternant entre la haine de Goldstein, le rejet du Parti et des pulsions violentes envers la jeune femme assise derrière lui, avant que l'image de Tonton n'apaise momentanément la foule.